Récolte et fabrication
Les Marocaines raffolent de ces produits, sources de bienêtre pour le corps. De la crème tonifiante pour raffermir la peau aux doux effluves d’un parfum, elles vouent un vrai culte à cette fleur. Le produit phare reste l’eau de rose qui purifie, adoucit et hydrate la peau. Côté gastronomie, elle rehausse pâtisseries et autres préparations d’une exquise touche florale. Et quand elle ne sert pas à aromatiser l’eau pour se laver les mains, l’eau de rose facilite une digestion difficile.
Quant aux pétales, de Casa à Marrakech, ils ornent les tables d’hôtes et égayent parfois l’eau des bassins ou fontaines.
La majorité des produits « Made in Morocco » est issue de l’usine de distillation de Kelaat M’Gouna appartenant aux domaines des Arômes du Maroc. Quand une poignée de producteurs produisent artisanalement quelques litres d’eau de rose dans des alambics de fortune, des centaines de litres d’eau de rose sortent chaque année des cuves de l’usine. Chaque jour, 25 tonnes de roses Y sont livrées pour être séchées. De temps en temps, avant la distillation, des ouvriers munis de fourches retournent la marée de roses dans un voluptueux tourbillon de pétales. Au final, 600 tonnes de roses passeront par les cuves de l’usine sur les 1500 tonnes cultivées chaque année.
La fabrication? Il faut 1 kilo de roses pour produire 1litre d’eau de rose alors que 4 tonnes de fleurs sont nécessaires pour obtenir 1litre d’essence de rose. Ce dernier composant étant très prisé des grandes parfumeries de luxe.
La récolte des roses commence très tôt dans la journée. À l’aube, les femmes munies de gandouras, des sacs en bandoulière, doivent cueillir les fleurs avant que la chaleur du soleil inonde les champs: plus la température augmente, moins la teneur en huile essentielle des roses est importante. Les sacs de roses seront ensuite vendus 10 dirhams le kilo.
La Fête des Roses
Quand la récolte prend fin, un moussem est célébré en l’honneur de celle qui fait vivre toute la Vallée. La Fête des Roses a lieu tous les ans au début du mois de mai. Au programme de ces trois jours de fête, les Berbères font vivre leur folklore à travers leurs costumes traditionnels, leur musique et leurs danses.
Kelaat M’Gouna est le temps d’un week-end la capitale de la rose. Des chars fleuris descendent la grande rue du vil¬lage devant des centaines de milliers de spectateurs. Touristes marocains ou occidentaux, ils viennent de partout. Des pétales de rose sont jetés sur les badauds agglutinés contre les barrières de sécurité, des enfants vendent des colliers de roses parfumés. Une Miss Rose est élue. Habillée traditionnellement, les mains soigneusement recouvertes de henné, elle défile sous les applaudissements de la foule.
La Fête des Roses, c’est aussi l’occasion de faire des affaires en or avec une foire commerciale gigantesque. On vient de tout le Sahel pour y participer.
Pendant ce temps-là, les cuves de l’usine se remplissent des dernières cueillettes de la saison et, dans les champs, les fleurs épargnées par la récolte tirent dignement leur révérence.