Le Cinéma entre Ouarzazate et Errachidia
De l’autre côté à 10 kilomètres de Ouarzazate, sur la route d’Errachidia, le studio KANZAMAN, s’élevant à travers les fresques de la nature elle-même s’étendant à l’infini, une Kasbah gigantesque reproduite sur celle d’Arnredhll, située dans la région de Skoura en pisé rouge traditionnel, les terres cuites sont découpées et traitées à la main, le gypse est teinté sans produits chimiques, et les plafonds sont en tataouis traditionnels. » S’agit sûrement là, du plus grand studio cinéma à venir. Au beau milieu du désert sur 60 hectares, les rêves d’un homme né à Casablanca, émigré en Italie à Rome durant 25 ans et revenu au pays pour réaliser son rêve. Le cinéma, Mohamed El Asli, le connaît bien puisqu’il travaille depuis l’âge de 18 ans sur des projets ambitieux, en tant qu’assistant à la mise en scène. La première tranche du projet est déjà terminée, 5 300 m couverts accueillant bureaux pour la production, ateliers, salle de montages, entrepôts mais aussi chambre de recueillement pour les metteurs en scène et les comédiens.
Quatre studios au total sont prévus, 5000 oliviers plantés arrosés en goutte à goutte, un millier de palmiers, une ceinture d’amandiers, 180 tonnes par jour d’eau puisées à trois kilomètres et ramenées par un pipeline qui nécessite 8 personnes pour l’arrosage, des puits profonds et des châteaux d’eau monumentaux pour assouvir la soif abondante du pisé également, une aventure épique à elle seule. Un rêve promis entre 6 et 8 millions de dollars, financé en fonds propres. Mais Mohamed El Asli est un passionné au sens propre du terme, il prend le temps, rien n’est trop coûteux pour réaliser le projet d’une vie, une véritable ville cinématographique à ciel ouvert qui permettra avec la visite des studios de doubler le nombre de visiteurs.
Un centre de l’artisanat est prévu où chacun pourra montrer et échanger en se faisant l’ambassadeur de cultures ancestrales mais aussi des boutiques, un restaurant, un café maure, un espace pour les enfants, une salle de cinéma numérique, une kasbah maison d’hôte, une école de formation cinématographique, notamment de techniciens marocains pour une meilleure main d’œuvre qualifiée. Des projets agricoles verront aussi le jour autour des studios, une trentaine de fellahs auront la jouissance du terrain pour cultiver. A noter que ces parcelles feront également partie des champs de tournage. Mohamed El Asli précise « qu’aucun autre studio au monde ne permettra de travailler dans un cadre directement en relation avec l’extérieur et la nature ». Effectivement, ni les studios situés en Californie, ni ceux de Londres ou de Paris ne jouissent d’un tel cadre naturel. Les habitants de Ouarzazate sont devenus des acteurs ou des techniciens, les artisans des sculpteurs de décors, une ville aux paysages rares dont le cœur bât au rythme des images. Une ville qui séduit par l’éclectisme de ses paysages, la gentillesse de ses habitants et la diversité de ses activités.
Enfin, il faut noter que les autorités d’Ouarzazate ne ménagent pas leurs efforts. Les infrastructures sont en nette amélioration et les potentialités immenses. 1605 Km de réseau routier dont 50% revêtus, en matière d’électrification de nombreux efforts ont été consentis pour équiper les foyers. L’aéroport international effectue des liaisons aériennes européennes régulières ainsi qu’avec Casablanca. Un palais des Congrès de 2200 places qui a coûté 30 millions de dirhams. Afin de faciliter les démarches administratives et d’avancer au plus juste, les investisseurs sont traités et pris en charge directement par le gouverneur et ses équipes, une attention particulière qui porte ses fruits tant en terme de réussite de projets que d’image.